Les chevaliers dans la cathédrale de Chartres : un univers médiéval à découvrir
Des chevaliers dans le verre et dans la pierre
La cathédrale de Chartres est célèbre dans le monde entier pour ses vitraux du XIIIe siècle, son fameux bleu unique et sa statuaire exceptionnelle. Mais au-delà de ses figures bibliques et de ses prophètes, elle abrite aussi un univers plus inattendu : celui des chevaliers.
À travers vitraux, sculptures et allégories, la cathédrale nous plonge dans l’idéal médiéval du miles Christi, le chevalier du Christ, protecteur de l’Église et défenseur de la foi.


Le vitrail de Charlemagne : la geste héroïque en images
Parmi les 172 verrières de Chartres, l’un des plus remarquables est sans doute le vitrail de Charlemagne, situé dans le déambulatoire nord. Réalisé vers 1225 et offert par la corporation des pelletiers, il illustre l’épopée du grand empereur.
Le verrier ne suit pas l’histoire stricte mais s’inspire de la Chanson de Roland, chef-d’œuvre littéraire du XIe siècle. On y retrouve les grands compagnons de Charlemagne : Roland, Olivier, Ogier le Danois, Renaud de Montauban. Et bien sûr le terrible Ferragut, géant musulman qu’il fallut vaincre d’un coup d’épée bien placé au nombril.
La bataille de Roncevaux y est magnifiée : Roland sonne son olifant, Durandal frappe les rochers. Le vitrail transforme la cathédrale en véritable livre ouvert de chevalerie.
Les familles féodales et leurs chevaliers donateurs
Les chevaliers ne se limitent pas à Charlemagne et ses paladins. Dans les petites roses du chœur, visibles également dans le transept nord, de grandes familles féodales se font représenter en tenue équestre. Ces chevaliers donateurs rappellent que protéger l’Église était une mission aussi importante que lever des armées.
Le comte Thibaud VI en offre un exemple frappant dans le vitrail du Zodiaque. On le voit à cheval, lance en main, camail de maille sur la tête. Une image forte de seigneur local qui s’affirme aussi comme protecteur spirituel.
Saint Georges, le soldat chrétien modèle
La cathédrale rend également hommage à l’un des saints guerriers les plus populaires du Moyen Âge : saint Georges. Contrairement aux représentations spectaculaires qui le montrent terrassant le dragon, à Chartres il apparaît debout, sobre et digne.
Dans la nef comme au portail sud, il est représenté en haubert, tabard et écu, figure d’un soldat chrétien modèle. Pas de monstre à terrasser, mais un message clair : la sainteté s’adosse au courage martial, à la discipline et à la fidélité.


Une femme en armes : l’allégorie du Courage
Surprise : au portail sud, une femme en armure attire l’attention. Vêtue d’un haubert et casquée, elle incarne une figure troublante dans un univers presque exclusivement masculin. Il s’agit d’une allégorie, celle du Courage.
Jean Villette rappelle qu’elle tenait autrefois une épée dressée, dont subsiste le pommeau, et qu’elle portait un écu frappé d’un lion. Symbole ambivalent, le lion peut signifier la cruauté mais ici il exalte la vertu de courage.
Fait exceptionnel, un sculpteur du XVIe siècle copia même cette image et l’intégra dans la clôture du chœur. On peut encore la voir aujourd’hui au sud, entre la scène de la Chananéenne et celle de la Transfiguration. Une preuve que cette figure marqua durablement les esprits.
La cathédrale, un véritable panthéon chevaleresque
Entre empereur mythifié, saints guerriers, nobles donateurs et allégories féminines, la cathédrale de Chartres érige la chevalerie en modèle de conduite. Combattre, protéger, servir : tels sont les idéaux du miles Christi.
Chartres n’est donc pas seulement une “Bible de verre” racontant l’histoire du salut, c’est aussi un manuel médiéval de l’art chevaleresque.

Pour les scolaires
Préparer votre visite : plongez dans l’univers des chevaliers
Visiter la cathédrale de Chartres, c’est plonger dans huit siècles d’histoire, mais aussi découvrir des détails souvent méconnus comme ces représentations chevaleresques. Lors de nos visites guidées, nous vous emmenons à la rencontre de Charlemagne et Roland, de Thibaud VI, de saint Georges et même de cette mystérieuse chevalière du portail sud.
En levant les yeux, vous verrez qu’à Chartres les chevaliers ne se battent pas seulement avec l’épée, mais aussi avec la lumière des vitraux et la force de la pierre sculptée.
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